Vitalités

Projet complet téléchargeable ici

Nous envisageons la recherche-action comme dénouement des expériences sociales, solidaires et écologiques, contraintes par les déterminations économiques et pressurisées par l’horizon climatique. Par l’ouverture d’espaces réflexifs, notre démarche vise à épauler les mutations désirées par les associations, jusqu’alors empêchées par les contraintes économiques et organisationnelles. Nous souhaitons répondre au besoin et au désir d’une transformation sociale plus incarnée.

La recherche-action s’engage sur deux axes :

  • 1/ Enquêter depuis les tensions organisationnelles : entre idéaux et travail réel
  • Les désirs de transformations, solidaires et écologiques, sont souvent contrariés par une puissante contrainte économique qui enserre l’activité des organisations
  • Les idéaux mobilisés dans l’activité (égalité, émancipation, horizontalité) de chacun.e (salarié.e, bénévole, volontaire…) ne trouvent pas toujours à se réaliser dans le quotidien du travail, générant différents niveaux d’insatisfaction et de souffrance.
  • La perspective climatique angoissante vient exacerber la contradiction entre une sensation générale d’immobilité et l’urgence à agir.
  • 2/ Entrer en réflexivité en croisant genre, travail, numérique et mise en commun, pour dépasser :
  • le sexisme persistant dans le quotidien de l’activité, alors que le milieu associatif est généralement présenté comme conscient à ce sujet. Il s’agirait donc d’aller identifier les ressorts du sexisme dans les structures et comment s’organiser pour transformer les rapports de genre, en envisageant le croisement des différents espaces vécus (organisation du travail, domicile, temps libre…)
  • la souffrance au travail en progression malgré l’affichage d’une structuration humaniste des associations. Il s’agirait donc d’aller interroger la mobilisation ou non de relations horizontales dans l’activité mais également l’autonomie dans la prise de décision et l’articulation libre des définitions singulières et collectives de l’activité idéale 
  • les difficultés de mise en commun de biens, de services, de moyens, et de savoirs faire, alors qu’elle s’impose comme clé de voûte de la transformation écologique et sociale ; nous amène à questionner les ressources nécessaires pour expérimenter la mise en commun de moyens matériels et immatériels afin de protéger le quotidien de l’activité des pressions économiques 

Et elle vise trois objectifs généraux :

  • 1/ Capabilités : faire en sorte que le devenir des territoires et plus précisément celui des associations qui les composent, puisse être pensé et décidé par les acteurs locaux. L’ouverture d’espaces réflexifs doit permettre de faire émerger des moyens réels et efficients pour transformer les organisations et les pratiques, dans un contexte où domine la sensation de « manque de prise sur le quotidien » des structures et sur leurs territoires.
  • 2/ Vitalités : tout comme l’éco-système naturel, c’est bien l’interaction entre les différentes composantes du vivant associatif qui permet d’entretenir l’énergie, la créativité. Si nos territoires et réseaux associatifs souhaitent prendre soin de leur inventivité face aux pressions économiques, à l’obligation d’être performantes sur le marché, à densifier le temps productif au quotidien, il va falloir penser (et choyer) le commun vital dans les structures associatives et ente elles. Ainsi, cette vitalité associative est indispensable dans un contexte où le recul des services publics administratifs doit être compensé par un service du commun associatif proche des populations les plus vulnérables.
  • 3/ Résiliences : il en va de notre capacité à absorber l’impact de la dégradation climatique, d’un horizon social qui s’obscurcit et d’une crise économique dont la sortie disparaît toujours un peu plus. Renforcer notre capacité à penser notre quotidien (notre rapport au temps, à l’altérité institutionnelle, humaine et naturelle…) à en maîtriser et à en anticiper les enjeux, à faire réseau de solidarité entre structures sera certainement indispensable pour rester acteurs des événements à venir.